Le procédé Thomas:
En 1864, l'ingénieur Bessemer eut l'idée d'affiner la fonte en y insufflant de l'air. L'opération s'effectue dans une énorme cornue métallique revêtue de briques réfractaires et munies d'un fond perforé par lequel arrive l'air. Ce dernier en traversant le bain de fonte liquide y brûle le carbone et le silicium en excès, cette élimination transforme la fonte en fer. Toutefois, ce procédé n'était pas applicable aux fontes obtenues en Lorraine; celles-ci renfermaient en effet une forte proportion de phosphore qui restait dans l'acier et le rendait absolument inutilisable. L'élimination du phosphore donna lieu à de longues recherches. On finit par y parvenir en introduisant de la chaux dans la cornue. L'acide phosphorique produit par la combustion du phosphore donne ainsi du phosphate de chaux, formant une scorie que l'on élimine en écrémant le bain. Les premiers essais furent cependant malheureux, la chaux versée dans la cornue attaquait les briques siliceuses du revêtement et les détruisait rapidement.
C'est entre 1874 et 1880 que deux Anglais, Sidney THOMAS et Percy GILCHRIST mirent au point une transformation du procédé Bessemer qui consistait à revêtir la cornue, non plus de briques siliceuses, mais de briques de magnésie calcinée, insensibles à l'action de la chaux.
Ce nouveau procédé devait avoir une portée incalculable pour la métallurgie Lorraine. Il allait, en effet, permettre à notre province, assise sur l'un des gisements férrifères les plus puissants du globe, de jouer un rôle de premier plan dans le développement de la métallurgie Française.