Les techniques de l'extraction

Les techniques d'extraction furent toujours d'une extrême rusticité.
L'exploitation à Saint-Pancré se faisait à l'aide d'un outillage courant dans les campagnes: la pelle, la bêche, la pioche.
L'enlèvement du minerai se faisait à l'aide de puits ou de terrassements en tranchées avec des aménagements en gradins.
Paniers, tourniquets et pieds de chêvre servent à remonter la terre à mine. Citons le Baron de Dietrich qui en 1785 se déplaça en Lorraine en qualité de "Commissaire du Roi" pour visiter les mines et bouches à feu.
"La façon de fouiller la mine consiste à creuser des trous les uns à coté des autres, à ranger les déblais tout autour des bords de ces ouvertures et à extraire les terres qui renferment le minerai jusqu'a ce que les eaux empêchent de s'enfoncer davantage ou que la trop grande profondeur rende le minerai trop cher au maître de forge. De ce genre de travail "constent" (forme ancienne de résultent) des inconvénients que des tranchées ouvertes et suivies ou des travaux souterrains lorsque la profondeur l'exige, aurait absolument prévenu. Les déblais amoncelés autour de ces fosses s'éboulent souvent pendant les travaux et, quand les eaux ou la trop grande profondeur force d'abandonner une fosse et, qu'on se dispose d'en ouvrir de nouvelles auprès, les déblais précédents causent un embarras et des frais considérables, de manière que ceux qui les exploitent évitent à cause de cette dépense à fouiller les terrains qu'ils ont ainsi découverts... Outre ces inconvénients, il s'en suit la dévastation du bois".
Ces constatations se poursuivent tout au long du 19° siécle jusqu'à l'arrêt de l'exploitation des minières.
Pour remédier à cet état de choses, et durant toute la période qui s'étend de la révolution française à la fin des minières de Saint-Pancré, un personnage incontournable va essayer de faire appliquer la législation complexe édictée par l'Etat, le "garde-mines". La création du corps des gardes-mines remonte au 15 pluviôse an XI. A Saint-Pancré, le poste à été occupé de 1809 à 1868, date de sa suppression, par un personnage pittoresque et haut en couleurs, le Sieur LENDROIT qui eût certes une carrière longue (59 ans) mais émaillée d'incidents liés aux temps politiquement agités de cette époque.

Ce précieux minerai une fois extrait n'est pas utilisable directement dans les hauts-fourneaux, entouré d'une gangue argilo-sableuse il doit au préalable subir une préparation qui consiste en un lavage ou débourbage pour le débarrasser de cette terre.

A Saint-Pancré, les lavoirs ne sont pas situés à proximité des minières, mais plus bas dans la vallée au niveau des sources (nous sommes sur un plateau calcaire).
L'exploitation des lavoirs à bras, puisque nos recherches ne nous ont pas permis de retrouver de façon certaine la trace de "patouillet" a donné lieu à de nombreuses protestations de la part des riverains des cours d'eau mais également du Gouverneur de la province du Luxembourg Belge qui se plaint régulièrement des dommages causés par les eaux de lavoirs situés en France. Il faut dire que la législation et la réglementation concernant les boues de lavage et la mise en place de bassins de décantation de ces dernières était rarement respectée.
Il ne nous a pas été possible, de retrouver les plans du site des grands lavoirs, qui font l'objet d'un panneau sur le sentier. Seuls les lavoirs du fond de Bévaux semblent avoir été reportés sur un plan détaillé.
Une fois lavé, le minerai est acheminé vers les forges ou usines sidérurgiques à qui il est destiné. A partir d'ici commence une autre histoire, qu'il appartient à d'autres de narrer.


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